Génération Z en entreprise : comment les manager ?

Habituellement, on compte trois générations : les baby-boomers, c.à.d. les personnes âgées de 50 et plus ; la génération X, comprenant les 35-50 ans ; puis la génération Y, soit les 20-35 ans. Depuis peu, une nouvelle génération commence à faire son apparition dans les médias, celles des jeunes âgées de moins de 20 ans : la Z. Ils ont grandi avec les technologies de l’information, l’internet les réseaux sociaux, de vrais « digitals natives ». Cette hyperconnectivité naturelle les différencie de leurs ainées issues de la génération précédente, qui eux, ont dû apprendre à se servir d’Internet. S’ils font parler d’eux aujourd’hui, c’est qu’ils atteignent progressivement l’âge adulte et ne vont pas tarder à entrer sur le marché du travail.

Une arrivée qui pourrait déstabiliser la génération X, à la tête des entreprises actuelles, et effrayer la Y, qui commence à peine à se faire une place dans l’univers professionnel. Ces futurs collaborateurs possèdent leurs propres caractéristiques et comportements, il est donc nécessaire d’anticiper dès à présent leur venue pour appréhender au mieux les chocs générationnels de demain.

 Un flou entre vie privée et vie professionnel

Pour certains spécialistes, leur arrivée pourrait même rimer avec révolution ! Selon le conférencier en prospective Philippe Cahen : «cette nouvelle génération de gens nés dans les années 1990 est appelée Z parce que les précédentes ont été baptisées X et Y, mais on devrait plutôt parler de génération alpha». Alpha car nous entrons dans un air totalement nouveau, celui de futurs collaborateurs qui sont nés et ont grandi avec Internet, pour lesquels l’ordinateur ou le smartphone font quasiment partie de leur corps.

Dès son arrivée, l’internet avait entrainé un retournement de situation en inversant les rôles d’apprentissage : les enfants montraient à leurs parents comment l’utiliser. Mais depuis, l’internet alors considéré comme un simple outil, a pris une place si importante que l’on parle même de véritable culture, pour ne pas dire de « nouvelle langue maternelle ». En effet, les jeunes vivent totalement numériques : depuis leur tablette, ils ont pris l’habitude de réviser leurs leçons, dialoguer avec leurs amis, s’informer sur l’actualité, et tout cela en même temps. Les barrières entre travail et loisirs, vie privée et réseau professionnel sont confondus.

Les jeunes de cette nouvelle génération ne voudront pas s’adapter aux normes de l’entreprise telle que nous les connaissons actuellement. Dans cet univers horizontal où tout devient accessible à tout le monde en rien de temps, la structure pyramidale et hiérarchique est consommée, l’époque d’un organigramme statique n’a plus sa place.

Une structure hiérarchique à repenser

La notion de temps sera également abordée différemment : le monde évolue, de nouveaux concepts voient le jour, le Z ne souhaite pas se sentir en retard sur son époque. Ils ont toujours été habitués à tout faire plus vite, n’attendent quasiment pas et s’ennuient rapidement quand le rythme baisse. Ils font partie d’un écosystème avec lequel ils interagissent en permanence.

Cette digitalisation de la vie réelle est un premier défi pour le monde de l’entreprise. En plus de leur mode de travail, c’est l’ensemble du processus de recrutement qui sera concerné. Actuellement, on constate déjà que les réseaux sociaux ont déjà complètement leur place dans la sélection des candidats. Ce n’est que le long début d’une expérience qui s’annonce toujours plus connectée

Les attentes des enfants du numérique se situent par définition, à l’opposé de l’inertie hiérarchique de grosses structures. La vitesse et la rapidité d’action sont de mise, le jeune Z ne supportera pas par exemple de travailler avec des collègues effrayés de prendre une décision sans l’accord préalable de leur supérieur.

L’internet : nouvelle façon d’apprendre

Des améliorations au niveau du management devront avoir lieu pour encadrer au mieux les moins de 20 ans. La notion de savoir, de connaissance, a radicalement changé depuis quelques années. Armés de leur téléphone et d’un accès à Google, les jeunes n’hésiteront pas à contester les dires de leurs encadrants /supérieurs ou à donner leur point de vue, que ce soit lors de leur cycle scolaire ou durant leur premier emploi. Ils ont un style beaucoup plus direct et n’hésitent pas à dire ce qu’ils pensent. Toutes les réponses que l’on se pose sur un sujet se trouvent sur Internet, pourquoi perdraient-ils leur temps à poser des questions à leur manager, s’ils peuvent trouver les réponses d’eux-mêmes ?

L’assimilation de connaissances et l’opinion personnelle façonnées grâce à internet prendront le dessus sur l’encadrement professionnel. Les Z fonctionnent instinctivement de cette façon, cela fait partie de leur manière d’être.

La génération Z veut une entreprise transparente et éthique

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*enquête réalisée via un questionnaire envoyé à 3 200 jeunes de 15 à 20 ans sur les réseaux sociaux. 66 % sont étudiants, 27 % lycéens et 43 % n’ont pas d’expérience professionnelle. 

De nos jours, les politiques de RSE commencent vraiment à se faire entendre, les entreprises sont toujours plus nombreuses à en adopter une. C’est une bonne nouvelle qui ouvre les champs du possible à d’autres sociétés à s’engager sur la même voie. Excellente pour valoriser la marque employeur et son attractivité, la génération Z se laissera séduire par cette démarche. D’après l’enquête qui a été menée, pour un même poste donné, 21% choisiraient l’entreprise la plus éthique. Pour les filles, ces chiffres atteignent même 28%.

Au-delà de l’aspect éthique, la nouvelle génération attend de véritables engagements de la part des entreprises. Elle accorde davantage de considération au monde de demain qu’elle laissera aux générations futures. Elles exigent une réelle implication, de la sincérité, du réalisme et une certaine forme d’exemplarité.

Une méfiance envers l’entreprise

Cependant, les moins de 20 ans partent avec de très gros a priori sur l’entreprise. Pour la plupart d’entre eux, les mots leurs venants à l’esprit sont « stress », « indifférence », voir même « dégout » pour certains. Les statistiques le prouvent : 47 % aimeraient créer leur entreprise. Ils forment une véritable génération d’entrepreneurs qui ont du mal à se reconnaitre dans les modèles actuels de l’entreprise. 84.5% d’entre eux ne choisiront pas leur métier par raison mais par passion. En d’autres termes, si le monde de l’entreprise ne leurs convient pas, ils se tourneront vers d’autres alternatives. Le recrutement de demain se devra donc plus indépendant et autonome.

Par contre, si l’on souhaite les faire changer d’avis, à noter qu’ils miseront en priorité sur les entreprises fun (25%), innovantes (22%), éthiques (20%) et internationales (20%) au détriment des entreprises les plus prospères (10%). Même si pour 39% d’entre eux, l’argent reste la priorité. Ils se rendent compte de la mobilité et l’évolution actuelle du travail : la majorité d’entre eux envisagent d’occuper plus d’une dizaine de métiers tout au long de leur vie !