Le management en temps de crise (2/2)

 

3)   Le leadership de l’incertitude : OSER se réinventer grâce à la crise

 Comment expliquer le fait que certaines personnes envisagent cette période difficile comme une multitude d’opportunités alors que d’autres n’y voient que du noir ou des voies sans issues ?

Savoir prévoir ou se lancer de nouveaux défis repose sur la mentalité de chaque individu (optimisme, ouverture, confiance en soi), ses comportements (analyse, mise en relations) et ses capacités d’adaptation au changement (innovation, évolution de ses méthodes de management…).

Changer d’état d’esprit

Selon un sondage réalisé dans 65 pays par BVA, Gallup International et Win Championne, la France obtient la médaille d’argent du pessimisme en 2015. Les Français espèrent avec impatience la sortie de cette série de crises financières engendrées depuis quelques années maintenant, pour réatteindre une « activité normale ».

Ce défaitisme, largement relayé par nos médias, semble bloquer notre dynamisme économique. Invraisemblable lorsqu’on voit que les français sont situés parmi les salariés les plus productifs du monde. Cependant ceux qui attendent retrouver ce qu’ils ont perdu risquent d’espérer encore longtemps…

En contre-exemple, Richard Branson, le fondateur de Virgin, n’a jamais cessé de croire en ses projets en imaginant que toutes les actions qu’il entreprendrait déboucheraient vers une réussite. Et ceux même lorsque la société se lance dans des domaines tels que l’aviation, la téléphonie mobile, l’aérospatiale, où elle n’avait jusqu’à présent aucune expérience. Selon le fondateur, le manque d’expérience ne représenta pas forcément un inconvénient mais plutôt un atout. Les opportunités ne s’attendent pas, elles se créent.

Être curieux, pour accroitre son stock d’idées

Encore plus qu’en temps normal, une crise doit inciter les responsables à s’intéresser davantage à tout ce qui se passe au tour d’eux pour être à l’affut de la moindre information en lien avec l’environnement de l’entreprise. En se captivant pour des sujets divers et variés, la chance de créer des connexions entre elles augmente ; ce qui peut conduire à la découverte de nouvelles opportunités. Ce fut le cas par exemple pour Steeve Jobs qui fit un parallèle entre les cours de calligraphie qu’il avait suivi par le passé et la conception du Macintosh pour repenser l’ergonomie de son nouveau produit. Bien souvent, des univers qui peuvent paraitre très éloignés entrainent la découverte de nouvelles occasions de se renouveler et donc de créer de nouveaux besoins qui n’auraient pas forcément été dessellés en période stable.

 

Observer ce qui vous entoure, pour identifier les « signaux faibles »

L’entreprise étant liée à un système socio-économique, les évolutions de son environnement influencent forcément la sphère privée des sociétés. Analyser et réussir à anticiper les changements à venir peuvent conduire à l’élaboration de nouvelles offres en harmonie avec les attentes actuelles ou futures de son marché.

En effet, de nombreuses marques ont très vite identifié la potentialité du facteur écologie et ont su adapter leurs gammes de produits pour intégrer cette variable quasiment inexploitée à cette époque. Ce fut le cas par exemple pour Toyota dans les années 1990 qui fut le premier constructeur automobile à se lancer sur le marché des véhicules hybrides et donc à ouvrir la marche à de nombreux investissements futurs.

 

Transformer ses peurs en nouvelles idées : accompagner le changement pour mieux le dompter

“Le monde déteste le changement, c’est pourtant la seule chose qui lui a permis de progresser.” Charles F. Kettering

Lorsqu’il se trouve en position de danger, l’être humain est conditionné pour réagir instinctivement selon 3 comportements : combattre, se soumettre ou fuir. Tous sont provoqués par la peur. Cependant, la peur n’a pas pour but de nuire mais de pousser à la réaction. C’est pourquoi, il vaut mieux apprendre à tirer avantage de ses peurs et de ses craintes plutôt que de les ignorer ou de se positionner en tant que perdant. Si le sentiment de peur préoccupe, il peut très bien exprimer la nécessité d’évoluer. Face à une position si difficile, il convient de faire les bons choix, d’avancer, de se réinventer et surtout d’innover. En ce sens, la crise peut être saisie comme une occasion d’innover, de se remettre en question et de repenser son mode de management.

 

 

Et si finalement la crise était une formidable opportunité ?

Au final, les périodes de crise ne seraient-elles pas une belle occasion pour se réinventer en agissant mieux et différemment ? En période de récession, les risques sont moindres comparés à une période où tout réussi à l’entreprise. La situation étant déjà tendue, l’entreprise à tout à y gagner en misant sur l’innovation. A force de nombreuses expérimentations, le succès finira par payer ! Les équipes et leurs managers connaîtront une forme de regain et sortiront de ces épreuves d’autant plus unis et connectés. Leur confiance mutuelle se verra aussi accrue, ce qui permettra d’aborder l’avenir dans d’excellentes conditions.

 

 

Conclusion

Une fois ces temps difficiles en passe d’être révolus, il est fondamental de tirer les conclusions adéquates afin d’en ressortir grandi et d’affronter plus sereinement le futur en étant mieux préparé. Un simple compte-rendu postévènement ne suffit pas pour faire un état précis de la situation. Il convient encore d’autant plus de diffuser les résultats à l’ensemble de l’entreprise afin de s’assurer que les leçons soient retenues et assimilées par l’ensemble de l’organisation. Ces changements conduiront inéluctablement à une modification des pratiques de management actuelles, de nouvelles formations des équipes et des exercices concrets pour s’assurer que l’entreprise soit à l’avenir mieux préparée à ce type de choc économiques.